PSG-Manchester City : Plus qu'une revanche
Paris face à son grand frère
C’est d’un côté avec cette absolue certitude qu’il est plus fort sur ses terres et de l’autre avec ses expériences mitigées face aux clubs anglais que Paris aborde son premier immense choc européen de la saison, ce mardi soir au Parc des Princes. Face à un Manchester City qu’il retrouve après une demi-finale à sens unique la saison passée (2-1, 2-0), le PSG se trouve déjà – même si personne ne le dira à haute voix – à un vrai tournant de sa saison. Car avec son mercato six étoiles, Paris est attendu plus que toute autre équipe, et aucune défaite, peu importe que l’adversaire soit le vice-champion d’Europe en titre, ne saurait être tolérée. « Ce n’est pas un match décisif, tentait de tempérer Ander Herrera en conférence de presse, ce lundi. On va affronter une bonne équipe, c’est un défi, mais chaque match en est un pour nous. » Un défi de taille, en effet, pour Paris : Manchester City est sans doute ce qui se rapproche le plus du PSG en matière de modèle, à la différence près qu’avec Pep Guardiola à sa barre, « le meilleur entraîneur du monde » aux yeux de Mauricio Pochettino, les Citizens ont atteint une plénitude en matière de tactique et un projet de jeu que Paris peine chaque saison à atteindre malgré les noms qu’il couche sur la feuille de match. Les Skyblues l’ont encore prouvé ce week-end en dominant Chelsea (0-1) au terme d’un match époustouflant collectivement. « Le club cherche à s’établir parmi les meilleurs d’Europe, c’est un processus qui prend du temps, de la patience, de l’investissement, et City est en avance sur le PSG » , reconnaît d’ailleurs Pochettino.
La première pierre
Avec Messi et Verratti sur le retour, Paris pourrait compter, pour la première fois de la saison, sur son armada au grand complet (allez, à l’exception de Ramos). Ce match contre Manchester City serait donc, officieusement, la première pierre dans la construction de l’immense projet footballistique attendu à Paris, où l’alliance des moyens colossaux et d’un projet de jeu clair et efficace n’est pas toujours évidente. « Je pense que l’équipe progresse au fil du temps et du travail, juge Ander Herrera. En matière d’organisation tactique, on a des joueurs qui ont joué la finale de la Copa, de l’Euro, donc on n’a pas eu beaucoup de temps, mais petit à petit, on essaye d’être mieux. » Des justifications qui tiennent encore, mais qui s’effriteront vite : à Paris plus qu’ailleurs, les attentes sont extrêmement élevées en matière de jeu et de résultat, d’autant plus cette saison, et si jusqu’ici le bilan comptable est immaculé (à l’exception du nul à Bruges), le contenu, lui, laisse toujours un peu à désirer. Le temps laissé à cette équipe pour faire l’unanimité est compté, et un match référence contre City lui donnerait un précieux crédit. La saison passée contre Manchester City, le contenu avait été brillant pendant une heure, avant de totalement se déliter sur les 120 minutes suivantes. « Ces soixante premières minutes, on a eu beaucoup d’occasions, mais on n’a pas assez marqué, prévient Herrera. Je pense que c’est l’exemple qu’on doit suivre, tout en étant plus efficace, car contre City, il faut être tueur à la moindre occasion. Même face à leur pressing, je pense qu’on aura la personnalité pour bien jouer au ballon. » Paris a montré qu’il en était capable. Après les mots, place aux actes.
Par Alexandre Aflalo