Paul Onuachu inconstant avec l’équipe du Nigéria malgré son efficacité avec Trabzonspor
Exceptionnel sous les couleurs de Trabzonspor, Paul Onuachu se retrouve dans une situation intrigante avec les Super Eagles du Nigeria, où son impact est bien plus faible. Ce contraste soulève des questions sur les raisons de cette différence de performance entre ses exploits en club et sa contribution limitée en sélection nationale.
En Turquie, Onuachu est un véritable phénomène. Leader des buteurs, il affiche un impressionnant total de 21 buts et 2 passes décisives en seulement 24 matchs, la plupart d’entre eux en tant que titulaire. Son jeu, caractérisé par un excellent jeu de tête, un positionnement précis et sa capacité à déstabiliser les défenses adverses, fait de lui un atout majeur. Trabzonspor exploite parfaitement ses compétences, multipliant les centres et jouant sur sa taille de 2m01 pour maximiser son efficacité dans la surface.
En revanche, le tableau n’est pas aussi rose avec le Nigeria. Lors de la dernière trêve internationale, Onuachu n’a eu droit qu’à une vingtaine de minutes de jeu lors des confrontations contre l’Iran et la Jordanie, trop peu pour qu’il puisse s’exprimer pleinement. Au total, il n’a inscrit qu’un seul but lors de ses vingt dernières sélections, un écart frappant par rapport à ses performances en club.
Ce phénomène peut s’expliquer en partie par la philosophie de jeu adoptée par le sélectionneur Éric Chelle. Contrairement à l’attaque plus posée de Trabzonspor, l’équipe nigériane privilégie un style rapide, dans lequel les attaquants doivent être agiles et mobiles. Cela favorise des joueurs comme Victor Osimhen, qui peuvent évoluer dans ce système dynamique, laissant Onuachu, moins mobile et plus axial, en retrait.
La richesse des talents offensifs au Nigeria constitue un autre défi pour Onuachu. Le pays compte de nombreux attaquants capables d’occuper différentes positions, ce qui complique son intégration dans l’équipe, surtout lorsque le coach privilégie des profils plus en phase avec son plan de jeu.
De plus, le manque de temps de jeu pourrait nuire à la confiance d’Onuachu. Effectivement, il est difficile d’être performant lorsqu’on a moins d’opportunités lors des matches internationaux, souvent limitées à quelques minutes en fin de rencontre. En revanche, sa situation en club est tout autre ; il bénéficie d’une confiance indéfectible de son entraîneur, qui lui accorde un rôle bien défini et continu, favorisant ainsi ses performances.
Ce paradoxe soulève une interrogation cruciale : la source du problème réside-t-elle dans le joueur ou dans son utilisation par le sélectionneur ? Les prestations d’Onuachu en club démontrent qu’il est un excellent finisseur. Pour les Super Eagles, il pourrait être impératif d’ajuster le style de jeu afin de tirer parti de ses compétences, plutôt que de l’imposer dans un rôle qui lui semble inadapté.
Dans l’immédiat, Paul Onuachu persiste à marquer pour son club, espérant un jour retrouver un rôle aussi influent et prolifique sous le maillot nigérian.
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