Sport au Bénin : Yacoubou défend le bac et des horaires aménagés pour les jeunes

Isabelle Yacoubou appelle à concilier études et entraînement intensif grâce à des horaires adaptés et à des encadreurs mieux formés.

SPORT BéNINOIS
Isabelle Yacoubou lors d’un entretien sur la formation sportive au Bénin
Isabelle Yacoubou lors d’un entretien sur la formation sportive au Bénin
3 min de lecture
Google News Commenter

SOMMAIRE

Isabelle Yacoubou appelle le Bénin à mieux articuler l’école et la pratique sportive intensive pour les jeunes talents. L’ancienne internationale de basket estime qu’un parcours vers le haut niveau ne peut pas se construire au prix d’un abandon des études.

Son message porte d’abord sur la « double formation » : l’apprentissage sportif doit avancer en même temps que le cursus scolaire. Elle considère le baccalauréat comme un socle minimal, notamment parce qu’une carrière peut être interrompue par une blessure, une non-sélection ou l’absence de débouché professionnel.

Cette exigence ne repose pas uniquement sur les adolescents et leurs familles. Selon Yacoubou, les établissements et les structures sportives doivent organiser ensemble les emplois du temps afin que les séances d’entraînement, les cours et les périodes de récupération ne se concurrencent pas.

L’ancienne pivot propose notamment de regrouper certains sportifs dans des classes aux horaires adaptés. Un tel dispositif permettrait d’augmenter le volume de pratique, éventuellement jusqu’à plusieurs séances quotidiennes, tout en maintenant une scolarité suivie et l’accès aux examens.

Des encadreurs mieux formés

Yacoubou place aussi la qualité de l’accompagnement technique au cœur du projet. Elle reconnaît les actions déjà engagées au niveau national pour former les encadreurs de base, mais juge nécessaire de les renforcer afin que la détection soit suivie d’un travail régulier et adapté à l’âge des athlètes.

La progression ne dépend pas seulement du nombre d’entraînements. Elle suppose des techniciens capables de planifier la charge de travail, de suivre la croissance des jeunes et de coordonner les objectifs sportifs avec les obligations scolaires. Cette continuité doit éviter qu’un talent repéré lors d’une compétition ne disparaisse ensuite faute de cadre.

L’ancienne joueuse invite également les responsables béninois à mobiliser les compétences de la diaspora. Des entraîneurs, préparateurs et anciens athlètes établis à l’étranger pourraient transmettre des méthodes acquises dans d’autres championnats, à condition de les adapter aux ressources et aux réalités locales.

Un modèle conçu pour le contexte béninois

Yacoubou ne préconise pas de copier intégralement les systèmes américain ou européen. Elle défend plutôt une organisation béninoise, bâtie à partir des moyens disponibles, de l’école, des clubs, des classes sportives et des compétitions nationales.

Son propre parcours éclaire cette position. Née à Godomey, elle a pratiqué plusieurs disciplines au Bénin avant de rejoindre Tarbes en France, puis d’évoluer au plus haut niveau européen et avec l’équipe de France, dont elle a été vice-championne olympique en 2012.

Ces propositions ont été formulées autour de la deuxième édition de la Ligue nationale scolaire et relayées lors du journal de 20 heures de la SRTB du vendredi 28 août 2026.

À NE PAS MANQUER

Commentaires