LFP : où va l’argent des amendes infligées aux clubs professionnels ?

La LFP encaisse en moyenne 2,8 millions d’euros d’amendes par saison. Ces recettes alimentent son budget et financent notamment des actions sociales et environnementales.

FOOTBALL
Le Roazhon Park, stade du Stade Rennais
Roazhon Park à Rennes — photo : Валерий Дед, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons
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Les amendes infligées aux clubs professionnels français rapportent en moyenne 2,8 millions d’euros par saison à la Ligue de football professionnel (LFP), selon un calcul publié par L’Équipe sur les cinq derniers exercices. Cette recette ne fait pas l’objet d’un fléchage public détaillé, mais elle alimente les budgets de la Ligue et de sa filiale commerciale, LFP Media.

Le sujet revient au premier plan avec la sanction de 150 000 euros prononcée contre le Paris Saint-Germain. Le 28 août 2026, la Commission des compétitions a reproché au club parisien de ne pas avoir pu accueillir Rennes au Parc des Princes, dont la pelouse avait été jugée impropre à garantir la sécurité des joueurs, ni proposé de stade de repli conforme.

La rencontre de la première journée, inversée quatre jours avant son coup d’envoi, s’est donc disputée le 23 août au Roazhon Park et s’est terminée sur un nul 2-2. La LFP a fondé l’amende sur l’article 501.4 de son règlement des compétitions, consacré aux obligations relatives à la praticabilité du terrain et à la solution de repli.

Cette sanction reste inhabituelle par son montant pour la Commission des compétitions. L’essentiel des sommes encaissées provient ordinairement de la Commission de discipline : usage d’engins pyrotechniques, jets d’objets, violences, propos discriminatoires ou autres incidents dans les tribunes. Des manquements d’organisation, comme un retard de coup d’envoi ou un problème d’éclairage, peuvent également entraîner une pénalité financière.

Des recettes intégrées au budget de la Ligue

La LFP ne publie pas une correspondance euro par euro entre chaque amende et chaque dépense. D’après L’Équipe, les montants perçus sont intégrés au budget général de la LFP et de LFP Media, puis participent à plusieurs missions : programmes de responsabilité sociétale, développement numérique et marketing, soutien à des associations liées au football ou aide à d’anciens professionnels en difficulté.

Une réponse du ministère des Sports à l’Assemblée nationale avait déjà détaillé ce mécanisme en 2019. Pour la saison 2017-2018, les sanctions assorties d’une amende représentaient 1 223 700 euros en Ligue 1 et 273 000 euros en Ligue 2. Le ministère indiquait que ces recettes étaient réinvesties dans des actions citoyennes, éducatives ou caritatives, avec notamment les Restos du Cœur, le Bleuet de France, Premiers de Cordée et le Fondaction du Football parmi les bénéficiaires cités.

La RSE, un champ d’action devenu plus large

La Ligue avait indiqué avoir reversé plus de 1,1 million d’euros à des structures sociales ou environnementales en 2018-2019, somme alors financée par le budget des amendes. Son programme RSE s’est depuis structuré autour de l’inclusion, de la solidarité, de la santé et de la durabilité, sans que la part actuelle des amendes dans chaque action soit rendue publique.

Dans son rapport portant sur 2024-2025, la LFP recense 33 ateliers contre les discriminations dans 16 clubs, 27 clubs ayant réalisé un bilan carbone depuis 2022 et huit clubs pilotes engagés dans un programme de mobilité durable. Sur le calendrier sportif, le match de la 23e journée entre Rennes et le PSG a été inversé à son tour et doit se jouer au Parc des Princes au début de mars 2027.

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