FIFA : Joshua Kushner regrette son implication dans le projet FFE abandonné
Joshua Kushner regrette l’implication de Thrive dans le projet FIFA Forward Enterprise, retiré après une vive opposition et désormais visé par des démarches judiciaires préparatoires.
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Joshua Kushner a rompu son silence sur le projet FIFA Forward Enterprise (FFE), abandonné par la FIFA à la fin de juillet. Le fondateur de Thrive Capital affirme que son groupe ne se serait pas engagé s’il avait anticipé l’ampleur du conflit provoqué dans le football mondial.
Dans une déclaration transmise à Axios le 31 août, l’investisseur américain a défendu l’objectif initial de l’opération. Selon lui, FFE devait mieux répartir les revenus du football entre les 211 associations membres de la FIFA et financer davantage les infrastructures, la formation des jeunes et le football de base dans les pays disposant de moins de ressources.
Kushner reconnaît toutefois avoir sous-estimé les rapports de force politiques autour de la gouvernance du football. Il soutient que le projet aurait été soumis au vote des fédérations nationales et ne constituait pas une obligation. Sa société continue de défendre les motivations affichées de FFE, tout en regrettant d’avoir participé à une initiative devenue extrêmement conflictuelle.
Le montage prévoyait la création d’une filiale regroupant les activités commerciales et l’organisation des compétitions de la FIFA. Thrive et d’autres investisseurs privés devaient apporter jusqu’à 4,2 milliards de dollars en échange d’une participation minoritaire. La valorisation initiale de l’entité était fixée à 20 milliards de dollars.
Un projet retiré après une forte opposition
La FIFA avait présenté FFE comme un moyen d’augmenter les fonds de développement versés à ses membres, tout en conservant le contrôle de la filiale. Le dispositif comprenait notamment une enveloppe volontaire de 20 millions de dollars par association pour des projets spéciaux. Son adoption restait soumise à l’accord d’une majorité des fédérations et du Conseil de la FIFA.
Face à la contestation conduite notamment par l’UEFA, Gianni Infantino a annoncé le 31 juillet que la proposition n’irait pas plus loin. Le 5 août, la direction de la FIFA a reconnu des erreurs dans la conduite du processus et dans la communication après la divulgation du projet. Elle a également annoncé un examen interne destiné au Conseil de l’instance.
Des demandes de preuves aux États-Unis
Le retrait n’a pas clos le dossier. D’après l’Associated Press, l’UEFA envisage une plainte pénale en Suisse contre Gianni Infantino et éventuellement d’autres responsables de la FIFA pour une possible gestion déloyale. À ce stade, il s’agit d’une démarche préparatoire : aucune culpabilité n’est établie et l’UEFA ne présente ni Kushner ni Thrive comme des défendeurs pressentis.
La confédération européenne a saisi des juridictions fédérales à Manhattan et dans le sud de la Floride afin d’obtenir des éléments susceptibles d’être utilisés dans une éventuelle procédure suisse. Les demandes adressées à Thrive portent notamment sur les échanges avec des responsables de la FIFA, les modèles de valorisation, les projections financières, les conditions de l’opération et l’identité d’éventuels co-investisseurs.
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