L’affiche du troisième tour de la Coupe de France de football opposant l’ES Saintes, modeste formation de Départemental 2, aux Girondins de Bordeaux, programmée pour le dimanche 20 septembre 2026, est aujourd’hui fortement compromise. L’organisation matérielle de cette confrontation sportive se heurte à un blocage financier et logistique insurmontable lié au dispositif de sécurité requis par les autorités publiques.
Les contraintes imposées conjointement par les forces de l’ordre et la préfecture de la Charente-Maritime atteignent une facture globale de 39 700 euros. Ce montant colossal se révèle totalement disproportionné au regard des capacités budgétaires du petit club saintais, d’autant que l’hypothèse d’une tenue du match à huis clos priverait définitivement l’association sportive de ses recettes de billetterie, rendant la couverture de ces frais impossible.
Devant ces exigences drastiques, le vice-président de l’ES Saintes, Johan Bernardin, a annoncé le refus formel de son club d’organiser la rencontre dans de telles conditions au sein du stade Yvon-Chevalier. Le représentant charentais a toutefois précisé qu’il n’était aucunement question de déclarer forfait, refusant de pénaliser ses joueurs sur le plan sportif.
Pour tenter de sauver l’affiche, plusieurs solutions d’urgence avaient été explorées ces derniers jours. La Ligue de football Nouvelle-Aquitaine (LFNA) a officiellement acté l’échec de ces trois alternatives, à savoir le maintien sous haute surveillance à Saintes, l’inversion pure et simple de la rencontre en Gironde, ou encore une délocalisation à huis clos sur les installations techniques régionales de Puymoyen. L’organisme régional a donc formellement sollicité l’arbitrage direct de l’État et de la Fédération française de football.
Un dispositif dicté par les tensions entre supporters
Cette fermeté administrative sans précédent et l’ampleur inédite du dispositif sécuritaire trouvent leur origine dans les craintes des pouvoirs publics face aux dérives des supporters girondins. Les services préfectoraux redoutent de violents débordements provoqués par les tensions récurrentes et les contentieux ouverts entre les deux principaux groupes ultras bordelais, les Ultramarines et le North Gate, dont la cohabitation hostile mobilise d’importantes forces de maintien de l’ordre.
